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Les jours se succèdent, les nuits surtout, dans une folle farandole de plaisirs typiquement Moscovites, et moi je me contente de suivre, d'observer et de boire de plus en plus de Vodka.Comme dans un état second, je ne suis pas vraiment là, et par intermittences je suis là bas, à Mons, j'imagine Annie continuant à vivre et travailler hors de ma présence.Mais le plus souvent c'est le fantôme de Sylvie qui me hante, son visage, les intonations posées de sa voix si douces à mes oreilles.Le Russe m'est toujours aussi étranger, impénétrable comme une forteresse haut perchée, drapée dans les brumes des nuances multiples et fantasques des pluriels, et autres accords d'une grammaire étrange.
Ce fut une période ou je ne prévoyais rien, le futur proche ou lointain ne me préoccupait plus, en réalité je n'étais pas capable d'y penser, trop de dépaysement de changement, non seulement cette langue que je ne comprends pas, mais le climat, les gens que fréquente Lyu ...
Je suis dans un nuage, je pense à ces jours lointains, à toutes ces femmes que j'ai croisées, ces regards en piqué mon pas dans le fond des yeux mais bien plus loin, jusqu'au désir immédiat, jusqu'au sexe, ces frôlements , ces genoux discrètement serrés sous des tables encombrées, toutes ces occasions auxquelles je n'ai pas su donner suite, pas su concrétiser, bien sur j'en ai eu tant d'autres qui auraient dû largement compenser pour me faire oublier, non manque, ce vide indéfinissable qui me poursuit depuis si longtemps comme une seconde nature.
Ici à Moscou ces détails me reviennent et avec Lyubov je compense ces manques.Elle se laisse faire, me passe toutes mes fantaisies sexuelles, et parfois c'est elle qui prend l'initiative, surprenant alors toutes mes attentes les plus secrètes....Plongées profondes dans les fentes interdites, odeurs aigrelettes, la peau des vraies blondes est trop excitante.Comme si il y avait un manque à combler dans ma vie sexuelle que je pensait pourtant bien remplie, trop remplie, jusqu'à présent, une vie sexuelle active trop conventionnelle, trop « comme il faut », c'était bien là le point mort, le manque absolu dont j'ignorais l'existence jusqu'à ma rencontre avec Lyubov. Elle me révéla des choses, des pratiques, dont le désir était déjà là, enfoui, tapis dans mon inconscient,
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